La Generalitat de Catalunya, son promoteur, le dote de moyens financiers conséquents. Pas moins de 586.000 euros, soit un peu moins de 6,5 millions de dh ont déjà été débloqués.
Selon les premières ébauches de ce programme d'action inédit, le plan consiste en « la promotion de l'intégration socioprofessionnelle » des mineurs originaires du Nord du Maroc et potentiellement candidats à l'émigration illégale vers cette région espagnole.
L'objectif étant de permettre à ces enfants et adolescents de recevoir d'abord une formation alternative et ensuite professionnelle dans leur propre ville.
Le projet qui démarre le mois de septembre prochain selon ses initiateurs, compte sur l'appui des autorités marocaines et s'étendra sur trois ans.
Le budget total de ce plan est estimé à environ 2 millions d'euros, soit un peu plus de 22 millions de dh, répartis sur la totalité de sa durée. Il compte également avec l'appui de l'Union Européenne qui s'est engagée à le financer à hauteur de 53%.
Concrètement, le programme d'action consiste en un processus d'accompagnement et de formation aussi bien pour les enfants et adolescents potentiellement candidats à l'émigration clandestine que pour ceux ayant déjà franchi le pas et traversé le Détroit.
Ces derniers, déjà établis illégalement en Catalogne, se verront proposer des formules d'aides et d'accompagnement afin de les encourager à revenir dans leur ville d'origine, Tanger, dans leur famille s'ils en ont une, prête à les accueillir.
Une fois au Maroc, un programme de formation théorique et des stages dans des entreprises catalanes établies à Tanger leur seront proposés.
Au moins six entités et organismes spécialisés dans le domaine de la coopération pilotent ce projet dont notamment l'Agence catalane de coopération et de développement.
Pour rappel, Tanger a déjà vu le lancement d'une initiative encore moins inédite dans le domaine de la coopération et de la lutte contre l'émigration clandestine. La Generalitat a, en effet, installé dans la ville du Détroit un « Centre de d'intermédiation » en matière de recrutement de la main-d'oeuvre, le premier du genre dans toute l'Afrique.
Le nouveau centre aura pour mission, entre autres, de "réguler et contrôler" l'émigration vers la Catalogne.
Cette antenne du "Servei d'Ocupació de Catalunya", (SOC), a pour principale fonction, de "démarcher" une main-d'oeuvre qualifiée pour les entreprises catalanes et notamment celles installées au Maroc ou sur le point de le faire dans la future zone industrielle catalane qui devrait voir le jour prochainement à Tanger.
Elle a, en outre, pour objectif, de pallier le manque en main-d'oeuvre qualifiée capable de produire selon les standards internationaux.
Le centre a néanmoins été obligé de fermer provisoirement quelques jours après son ouverture. Les fonctionnaires qui y étaient affectés se sont vus incapables de faire face au flux des demandeurs d'emploi venus de toutes les régions du Maroc.
Une interface Internet a été toutefois mise en place pour recevoir les demandes d'emploi.Un formulaire à remplir est mis à la disposition des demandeurs.
Par ailleurs et pour endiguer le phénomène d'émigration des mineurs, la Catalogne avait fait part d'un projet de création de centres d'accueil à Tanger.
Parmi les neuf centres dont l'Espagne avait projeté la création au Maroc pour accueillir les mineurs vivant clandestinement sur son territoire, la Catalogne devait en construire deux à Tanger, ville natale de la majorité des mineurs en situation illégale dans cette région.
Tanger et sa région étant, en effet, la terre natale de 63% des mineurs non accompagnés vivant dans cette communauté autonome. La Generalitat a décidé de construire ces centres pour « freiner le flux migratoire des mineurs » vers la communauté autonome.
La Catalogne a recensé en 2005 quelque 500 mineurs marocains qui sont arrivés clandestinement dans la communauté. Les centres d'accueil de la Generalitat comptent actuellement plus d'un millier de pensionnaires, tous des mineurs non accompagnés originaires du Maroc.
Source : all Africa