
Les exportateurs marocains retrouvent le sourire après la reprise de l’activité du transport routier international, au port de Tanger. La grève, lancée vendredi 17 février suite à l’incarcération de plusieurs personnes, n’aura finalement duré que quelques heures.
Les autorités locales et la wilaya en particulier ont promis d’examiner sérieusement leurs doléances, et notamment la délimitation de la responsabilité en cas de trafic de drogue.
Selon un communiqué émanant des 4 associations des transporteurs, transitaires, chauffeurs et commis, une réunion avec des représentants du ministère de la Justice est prévue au cours de cette semaine. Le but est de préciser les modalités d’application dans le cadre de la loi de cette notion de responsabilité. Les opérateurs du secteur appellent carrément à une refonte du texte légal, en particulier le dahir de 1932. Selon un transitaire, ce texte de loi n’est plus adapté face à la diversité des moyens utilisés par la mafia. Ce qui fait dire au président de l’association des transporteurs, AMTRI-Nord, Ahmed Aberchan que les opérateurs du secteur sont en perpétuelle «liberté provisoire» et qu’il suffit qu’un tiers mette un peu de chira dans un chargement pour que l’incarcération soit effective.<br />Il s’agirait, selon Aberchan, de partir du principe des poursuites en fonction de la cachette des stupéfiants. Dans le cas où la drogue est retrouvée dans la cabine du chauffeur, c’est de sa responsabilité. Mais si elle est découverte au sein de la marchandise (textile, agrumes, légumes etc) transportée, c’est le producteur qui doit être incriminé. Enfin, s’il avère que la cachette est aménagée au sein du chassis du véhicule, ce sont le transporteur et le chauffeur qui doivent en assumer les conséquences.<br />Autre requête des professionnels, c’est la mise en place de procédures d’enquête judiciaire moins contraignantes. La plupart des opérateurs du secteur disposent de solides garanties et devraient par conséquent pouvoir exercer leur activité durant le déroulement de l’enquête. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.<br />Pour les exportateurs, le son de cloche est différent. S’ils sont en faveur d’une amélioration du cadre légal du transport, ils affirment leur volonté de mieux sécuriser les chaînes logistiques. C’est le cas de cet exportateur de la zone franche qui s’étonnait de voir les grévistes n’assurer aucun service minimum dans le cadre de cette grève, annoncée «quasiment à la dernière minute».<br />Pour bon nombre d’exportateurs, notamment ceux qui opèrent dans le domaine du câblage, le «just in time» n’est pas seulement une notion mais une réelle contrainte. L’arrêt d’une chaîne de montage dans les usines espagnoles de Peugeot peut coûter, à titre d’exemple, jusqu’à 5.000 dollars par minute. Et c’est à l’équipementier de les rembourser si sa responsabilité est prouvée.<br />«Entre les grèves au Maroc et en Espagne, le vent d’est qui bloque le port de Tanger et la neige sur les routes du nord de la péninsule ibérique, nous ne savons plus où donner de la tête», déplore le responsable logistique d’une unité de la région.<br /><br />Guerre de communiqués<br /><br /><br />Le tribunal de première instance de Tanger a visiblement mal apprécié le préavis de grève, émis mardi dernier. En réponse, il a envoyé un communiqué défendant sa position et expliquant le bien fondé de ses décisions. Le tribunal en a profité aussi pour rappeler l’indépendance de son action et le refus de toute pression extérieure.<br /><br /><br />Ali ABJIOU <br /><br />Article de <a href="
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