Maroc : Un plan d’aménagement pour les déchets à Tanger
Posté par Nabil le 03/08/2006 09:32:48 (110 lectures) Articles du même auteur

Située à l’entrée de la ville, la décharge de Tanger longe l’un des axes les plus fréquentés, la route de Tétouan. Les nuisances olfactives de cette décharge ne sont plus à démontrer, surtout dans le cas de vent d’ouest qui ramène les fumées qu’elle dégage vers la ville. Au niveau de la mairie, elle est aussi à la base du plus fort nombre de réclamations des habitants de la zone. La décharge n’est que la partie visible de l’iceberg de la problématique de la gestion de l’assainissement solide de la ville de Tanger.
C’est dans ce sens qu’un projet d’assistance technique a été mis en place par la coopération allemande GTZ, en partenariat avec le département en charge de l’Environnement. Le Programme de Gestion et de Protection de l’Environnement (PGPE) se veut une solution aux problèmes que pose la gestion des déchets au niveau de la plus grande métropole du Nord.


Mais la question la plus importante reste de savoir combien de déchets sont produits par la ville. Une question épineuse à laquelle les spécialistes n’arrivent pas encore à donner une réponse précise. Selon les estimations de la mairie, Tanger aurait produit en 2005, près de 237.000 tonnes de déchets, soit quelque 650 tonnes par jour. A titre de comparaison, c’est l’équivalent de plus de 30 camions-remorques. Rapportée à la population, la production est de près d’un kilo par personne par jour. Un chiffre que le cabinet d’ingénierie EDIC estime élevé par rapport à la moyenne nationale pour une ville de la taille de Tanger. Le surplus ne peut être dû qu’à la part de la population flottante de la ville de Tanger, surtout en été, une autre inconnue. La part des déchets ménagers reste la plus grande. En 2004, la production journalière a dépassé les 455 tonnes. En 2010, elle sera passée à 580 tonnes par jour, alors qu’elle aura doublé en 2025 avec 1.107 tonnes, en parallèle avec l’augmentation de la population de la ville.
La récupération est aussi l’un des points faibles avec un taux ne dépassant pas les 5%. En 2005, selon les estimations, moins de 22 tonnes ont été récupérées quotidiennement par les chiffonniers. Plus des deux tiers l’ont été avant l’arrivée à la décharge, à même la benne.
A noter que le développement de la ville de Tanger et des zones industrielles imposera de nouvelles contraintes à la mise en place d’une nouvelle politique de gestion des déchets. Déjà la multitude des intervenants risque d’être un frein. En effet, la gestion des déchets dans les zones industrielles de Moghogha, du port de Tanger et de la TFZ se fait de manière indépendante. L’expérience de ces organismes, réussie selon les observateurs, serait à prendre en considération pour la mise en place d’une politique globale de gestion des déchets, mettant à contribution les industriels.

Source : L'Economiste

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