La ville de Tanger est appelée actuellement à repenser son système de gestion de l'assainissement solide afin d'accompagner la rapide croissance de son espace urbain et anticiper sur le boom démographique prévisible en raison des grands projets qui s'installent sur la région.
Une étude, réalisée dans le cadre d¹une coopération allemande, a été récemment présentée à cet effet en présence des représentants des communes urbaines et des différents services concernés.
La décharge publique de Tanger a été l'un des principaux problèmes appréhendés par l'étude. De par sa gestion, l'actuelle décharge est source de nombreuses nuisances pour l'environnement de la région. L'on relève notamment, dans ce volet, le risque de contamination de la nappe phréatique et le problème des émanations de l'opération d¹incinération sauvage des ordures.
La décharge, située à la périphérie de la ville, ne dispose pas d¹un système de traitement et encore moins de recyclage des centaines de tonnes de rejets solides qu¹elle reçoit quotidiennement.
L¹étude indique que la durée d¹exploitation d¹une telle décharge ne dépasse pas les dix ans. Une durée au terme de laquelle la décharge arrive à saturation avec 1.231.000 m3 de déchets solides.
Pour une exploitation prenant en compte le souci écologique et dans l¹attente de l¹aménagement d¹un nouvel emplacement, l¹étude recommande l¹installation d¹une certaine logistique pour une meilleure gestion de l¹actuelle décharge.
Il s¹agit notamment de l¹installation d¹un procédé de collecte et de traitement des résidus liquides de la décharge afin de protéger la nappe phréatique. Les experts recommandent également de réorganiser l¹espace de la décharge en prévoyant une zone pour le traitement et une autre pour le stockage.
Ils conseillent également la délimitation de la superficie de la décharge par une clôture et l¹acquisition d¹un matériel approprié pour optimiser le traitement des déchets.
Pour mettre en application les recommandations faites sur la base des principes du Œ¹développement propre¹¹ du protocole de Kyoto, la commune urbaine doit mobiliser un investissement global de l¹ordre de 106 millions dh.
Concernant la collecte des ordures ménagères, les experts recommandent l¹aménagement d¹une installation de tri des déchets solides et la valorisation des circuits des industries de recyclage des matières solides.
Selon l¹étude, un tel procédé a été expérimenté avec succès, compte tenu de son efficacité d¹un point de vue aussi bien écologique qu¹économique.
Pour les déchets médicaux et industriels, l¹étude recommande l¹aménagement d¹une zone spéciale pour ce genre de rejets. Compte tenu du coût élevé du traitement de ce genre de déchets, les experts recommandent le principe du Œ¹pollueur-payeur¹¹ mis en application dans les pays développés.
La ville de Tanger produit chaque année 200.000 tonnes de déchets solides, soit une cadence quotidienne de 548 tonnes/jour. Ces rejets sont constitués essentiellement d¹ordures ménagères (83 %) et de rejets industriels (8 %).
La présentation de cette étude a été organisée à l¹occasion de l¹adoption par le conseil de la ville du nouveau cahier de charges relatif à la collecte et la gestion déléguée de l¹assainissement solide. Une mission assurée jusqu¹à présent par la société espagnole CESPA-Nadafa.
Pour l¹assainissement liquide, la ville de Tanger est considérée comme ville pionnière. Grâce à de gros investissements, tous les rejets liquides de la ville seront acheminés vers une station de traitement avant d¹être évacués en mer via un émissaire immergé de trois kilomètres vers le large.
La station de traitement, construite sur une plate-forme marine, sera opérationnelle en juillet prochain.