Nous sommes en 1832 à Tanger. Eugène Delacroix venait à peine de débarquer au port de cette mythique ville.
Cette année là, l'artiste était loin de se douter qu'en cet endroit au passé glorieux, son génie allait se déployer d'une si prodigieuse manière. En 1912, ce fut le tour d'Henry Matisse de se pâmer devant la beauté et les lumières de la ville du détroit. C'est ainsi que la cité a été, depuis toujours, une source d'inspiration des artistes d'ici et d'ailleurs. «Ville des mille et une lumières», disait l'un de ses plus illustres habitants, l'écrivain américain Paul Bowles.
D'autres grands personnages y ont séjourné pendant un certain temps comme Jean Genet, Tennesse Williams ou encore les Rolling Stones qui sont tous tombés sous le charme de la ville et ont contribué à sa réputation de ville cosmopolite. C'est l'un des volets évoqués par Mohamed Métalsi dans son dernier beau livre «Tanger». A travers 180 pages, texte et images se complètent et donnent au livre un aspect précieux. Les photos de Jean-Baptiste Leroux, d'une beauté envoûtante, révèlent une cité aux mille facettes, aux mille contrastes.
L'auteur aborde tous les aspects qui font de Tanger une ville exceptionnelle. Partant de son passé romain, il évoque aussi son statut de ville internationale pendant le protectorat, et, enfin, Tanger ville marocaine, indépendante.
Il faut dire que Mohamed Métalsi n'est pas complaisant dans son évocation de la ville à la réputation sulfureuse et parle des points négatifs de la cité comme les risques de l'explosion démographique, les monuments laissés à l'abandon à l'image du grand Théâtre Cervantès ou encore son expansion anarchique.
Cependant, Tanger la millénaire reste vivante et ses quartiers célèbres demeurent immuables. Ainsi, le beau livre présente l'architecture hispano-mauresque (présente surtout au célèbre quartier Marchane), la médina, la kasbah, le centre-ville… des endroits qui font de Tanger une ville éternelle.
Source : Le Matin