Garages de mécanique, lavages de voitures, marchés ambulants… Le chaos est tel que l’on peut trouver côte à côte tapissiers, laveurs de voitures et ferronniers dans le rez-de-chaussée d’un immeuble résidentiel, une situation qui ne devrait pas se produire.
Pour remplir ce gap, la ville de Tanger va être dotée prochainement d’un schéma directeur pour le commerce et les services. Le projet qui vient d’être présenté aux opérateurs à la Chambre de commerce de Tanger, devrait être lancé incessamment. L’étude qui sera réalisée par le bureau d’études Team Maroc, a été lancée par la direction générale de l’Urbanisme et de l’Habitat dépendant du département de Taoufiq Hejira. Le maître d’ouvrage délégué est l’Agence urbaine de Tanger. La finalité de l’étude n’est autre que de doter la ville d’un cadre de référence qui définit les conditions d’organisation et de gestion des activités commerciales et de services.
Le schéma devrait aussi faciliter la projection des activités dans le futur et, selon les termes de référence de l’étude, permettre l’intégration de l’activité commerciale informelle dans le secteur organisé. L’étude sera menée en quatre phases et s’étalera sur douze mois. En fin de compte, la ville de Tanger devra avoir un document de référence qui lui permettra de mieux gérer ses espaces dédiés aux commerces et aux services de proximité.
Le développement rapide et quelquefois anarchique de la ville de Tanger n’est pas étranger à cette situation. Selon la note de présentation de cette étude, le développement de la ville est essentiellement le fruit de l’initiative privée qui se trouve conjugué à celle de l’Etat pour les grands projets structurants. Cet état de fait a favorisé l’émergence d’un secteur d’activités commerciales et de services qui se développe à grande vitesse. Mais son intégration au sein du tissu urbain laisse à désirer. Faute de documents de référence contraignants, les Communes ne peuvent pas gérer convenablement les autorisations d’ouverture et d’exercice de services qui sont eux-mêmes très demandés par la population, selon un élu, surtout dans les nouveaux secteurs. L’exemple du mécanicien n’est pas anecdotique, selon un membre de la chambre de commerce, la demande est montée en flèche ces dernières années pour ce type de services. Il s’agit aussi d’éviter de refaire les mêmes erreurs dans les nouveaux projet s urbains, Ibn Batouta et Irfane en particulier. Leur forte densité, ainsi que les besoins des habitants, risquent d’ouvrir la voie aux mêmes dérives.
Source : L'Economiste